Malade du cancer qui dort beaucoup : pourquoi et que faire

Pendant la maladie, la somnolence est fréquente : on dort beaucoup, parfois en pleine conversation. Quand un proche est malade, on se demande vite si ce sommeil est normal et s’il faut s’inquiéter.

Dans cet article, nous allons voir pourquoi cette somnolence apparaît, quelles en sont les causes et quoi faire concrètement.

Quand faut-il consulter ?

Une somnolence importante est fréquente pendant la maladie. Un jour, en salle d’attente, ma mère s’endormait au milieu d’une phrase.

Une fatigue liée au cancer est un épuisement qui vient sans effort et que le sommeil soulage peu ou pas. Il faut décrire à l’équipe soignante ce qui se passe et quand.

Certaines situations demandent un appel rapide :

  • Une personne difficile à réveiller, confuse ou qui fait un malaise : appeler le 15 ou le 112.
  • Une somnolence nouvelle ou persistante : la signaler vite à l’équipe soignante.
  • Une somnolence qui dure plus de trois à quatre jours sous antalgique : prévenir l’équipe, sans changer soi-même la dose.

Qu’est-ce que la fatigue liée au cancer ?

Ce n’est pas une fatigue de fin de journée, ni une nuit trop courte. C’est un épuisement physique, émotionnel ou mental, qui persiste, ne correspond pas à l’activité récente et gêne les activités habituelles.

Un jour, j’ai vu mon père s’arrêter en haut de l’escalier, essoufflé, sans avoir rien fait de fatigant.

Noter sa fatigue

Score 0

  • Aucune fatigue
  • Début de l’échelle
  • Noté tel quel dans le journal

Score 1 à 3

  • Fatigue légère
  • Gêne faible
  • À noter dans le journal

Score 4 à 6

  • Fatigue modérée
  • Gêne certaines activités
  • À signaler à l’équipe soignante

Score 7 à 10

  • Fatigue sévère
  • 10 : la pire fatigue imaginable
  • À signaler vite à l’équipe soignante

Pourquoi cette somnolence survient-elle ?

La somnolence vient rarement d’une seule cause. Elles s’additionnent : la douleur, l’anxiété, le mauvais sommeil et l’anémie. Une chimiothérapie peut faire baisser les globules rouges, donc moins d’oxygène.

Certains antidouleurs font somnoler. Lors d’une visite, j’ai vu une patiente s’endormir en pleine conversation, peu après une dose. Il faut tout signaler à l’équipe, compléments compris.

Repérer une anémie possible

Fatigue qui ne passe pas

Pâleur, essoufflement, vertiges

Maux de tête, palpitations, mal à se concentrer

Si l’un de ces signes revient, il faut le signaler au médecin. Le médecin peut demander une prise de sang avec numération des cellules sanguines et, selon les symptômes, des analyses des sels minéraux, du foie, des reins ou des hormones.

Ce que les traitements changent à la fatigue

Après une chirurgie

Après une opération, la fatigue vient souvent de l’anesthésie, des pertes de sang, des douleurs et de l’anxiété. Elle baisse en général petit à petit et disparaît le plus souvent dans les trois mois.

Quand une chimiothérapie s’ajoute, elle peut la prolonger. Dans le service de chirurgie, j’ai entendu une patiente dire qu’elle dormait encore l’après-midi.

Pendant la radiothérapie

Pendant la radiothérapie, la fatigue augmente souvent peu à peu, sur les cinq à sept semaines de séances. Elle se fait donc davantage sentir vers la fin du traitement.

Elle peut encore durer deux à trois mois après la fin de la radiothérapie. Il faut donc prévoir des journées allégées bien après le dernier jour de soins.

Pendant la chimiothérapie

Pendant une chimiothérapie, la fatigue suit le rythme des cures.

Critère Du 4e au 10e jour après la cure Du 10e jour à la cure suivante
Niveau de fatigue Souvent plus forte Elle diminue peu à peu
Facteurs qui l’aggravent Anémie, infections, nausées, vomissements, diarrhées, constipation Les mêmes facteurs peuvent encore peser
Quoi faire Signaler chaque symptôme à l’équipe soignante Signaler chaque symptôme à l’équipe soignante

Avec l’immunothérapie

Avec l’immunothérapie, des symptômes proches de ceux d’une grippe peuvent apparaître, comme des courbatures ou de la fièvre.

Ces signes peuvent s’accompagner de fatigue, qui peut augmenter au fil du traitement. Il faut donc la signaler à l’équipe soignante, sans attendre qu’elle devienne gênante.

Dormir beaucoup ne veut pas dire bien dormir

Avoir sommeil le jour ne veut pas dire bien dormir la nuit. Les deux peuvent exister ensemble : une personne peut faire de longues siestes et se réveiller souvent la nuit.

Chez un proche suivi pour un cancer, j’ai vu ce décalage. Il faut le dire au médecin, avec les réveils et la somnolence du jour.

Protéger le sommeil de la nuit

Se coucher et se lever à heures régulières, même après une mauvaise nuit.

Limiter chaque sieste à 30 minutes au plus, si possible dans un fauteuil.

Ne pas prendre de somnifère sans avis du médecin ou du pharmacien, qui vérifient les interactions avec les traitements.

Quand la tristesse ou l’anxiété s’en mêlent

L’anxiété et la dépression peuvent peser sur la fatigue. Une fatigue très intense peut aussi aller avec une dépression, il faut donc en parler à l’équipe soignante.

Un psycho-oncologue aide la personne malade et ses proches face à la détresse. En consultation, j’ai vu une famille soulagée d’en parler. Pour y accéder, il faut demander à l’équipe soignante.

Certains signes doivent être signalés à l’équipe soignante, surtout s’ils durent :

  • une tristesse qui persiste ou une perte d’intérêt pour ce qui plaisait avant
  • des changements d’appétit ou de sommeil, un sentiment de culpabilité, des idées noires
  • la ligne Cancer info, au 0 805 123 124, gratuite, du lundi au vendredi de 9 h à 19 h et le samedi de 9 h à 14 h

Comment alléger les journées avec cette fatigue

Pour alléger les journées, il faut caler les activités sur l’énergie du moment : tâches importantes d’abord, pauses, et courses ou ménage confiés à d’autres.

Un matin à l’hôpital, j’ai vu une patiente caler ses rendez-vous sur les heures où elle se sentait le mieux. L’ergothérapeute aide à économiser ses gestes, et l’équipe soignante peut orienter vers une aide à domicile.

Pour suivre sa fatigue, on combine trois gestes :

  • Un journal quotidien : fatigue notée de 0 à 10, heures de sommeil, médicaments et activités.
  • Le carnet est apporté en consultation pour décrire les symptômes.
  • Une activité adaptée : si la santé le permet, 30 minutes de marche, de nage ou de vélo, cinq jours par semaine au moins, réglées avec l’équipe.

La somnolence correspond au besoin de dormir, alors qu’une fatigue liée au cancer est un épuisement que le sommeil soulage peu ou pas.

Ses causes se cumulent, donc il faut en parler tôt à l’équipe soignante. Pour commencer, on tient un journal quotidien : la fatigue de 0 à 10, les heures de sommeil et les médicaments, à apporter à la consultation.

Foire aux questions

Quels sont les signes physiques d’un cancer avancé ?

Un cancer avancé peut se traduire par une fatigue qui s’aggrave, une perte de poids involontaire, des douleurs ou un essoufflement.

Ces signes peuvent avoir plusieurs causes, et un seul symptôme ne dit pas le stade de la maladie. Il faut signaler tout symptôme nouveau ou qui s’aggrave.

Peut-on prendre un somnifère pendant un traitement contre le cancer ?

Oui, mais seulement après avis du médecin ou du pharmacien. Un somnifère peut interagir avec les traitements contre le cancer et renforcer une somnolence qui est souvent déjà là.

C’est pour cela qu’il faut signaler à l’équipe soignante tout ce qu’on prend.

Existe-t-il un test pour mesurer la fatigue liée au cancer ?

Non, il n’existe pas de test qui mesure directement la fatigue liée au cancer. Aucune prise de sang ne la mesure.

On la note de 0 à 10 pour en mesurer l’intensité. Le médecin peut en revanche chercher les causes médicales par des examens.

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pierreesposito

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